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Plus qu’en 2007, le PJD est donné grand favori des élections du 25 novembre.  Le parti islamiste surfe sur le sacre d’Ennahda en Tunisie. Il recrute désormais au sein de l’élite et soigne son discours pour rassurer les sceptiques. Pourquoi la tentation islamiste gagne-t-elle du terrain ?

Pour beaucoup, cela sonne comme une évidence : le prochain chef de gouvernement sera islamiste, même si rien n’est encore joué. Lors des élections anticipées du 25 novembre en effet, le PJD (seul représentant officiel de cette mouvance) devra faire face à de redoutables machines électorales comme l’Istiqlal, le MP ou le RNI. Qu’à cela ne tienne ! La tentation de voter islamiste est plus grande aujourd’hui. Elle est également plus visible et traverse plusieurs couches sociales.
Ahmed, chauffeur de taxi quadragénaire, vote pour la première fois de sa vie. “Je regarde ce qui se passe en Egypte ou en Tunisie. Cela me donne envie de participer, moi aussi, à dessiner l’avenir de mon pays”. L’homme confie avoir “pris de son temps et distribué quelques dirhams” pour récupérer sa carte d’électeur. Pour qui compte-t-il voter ? Ahmed se gratte le menton et regarde longtemps devant lui avant de se lancer. “Franchement, je ne vois personne à part les gens du PJD”, dit-il, presque en s’excusant. “Je me dis que eux au moins, ils sont nouveaux et ils voudront prouver qu’ils sont meilleurs que ceux qui les ont précédés. Essayons puisque, de toutes les manières, ça ne peut pas être pire”. L’opinion d’Ahmed est loin d’être marginale. Faute de sondages d’opinion politiques (interdits par la loi), un groupe de cyber-activistes a mené sa petite enquête auprès des habitants du quartier Sbata à Casablanca. Résultat : une grande majorité d’entre eux affirme “ne pas rester insensible au charisme et aux colères de Abdelilah Benkirane lors de ses passages télévisés”. Cela se traduira-t-il en bulletins de vote en faveur de la formation islamiste ? Possible.
Si la sympathie du PJD auprès des classes urbaines populaires semble être restée intacte, c’est bien l’attrait qu’exerce le parti auprès de la bourgeoisie et des hommes d’affaires qui détonne le plus aujourd’hui. Dans ces milieux, Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD, n’est plus ce “démago infréquentable”, “populiste à souhait” et “dangereux pour la démocratie”. Non, l’homme est aujourd’hui reçu avec les honneurs au siège de la CGEM ou à la Bourse de Casablanca. Il passe même prendre le thé avec les dames BCBG de la haute société, qui le trouvent “chaleureux et décontracté”. Un comble ! “Le PJD recrutait déjà au sein de ce qu’on pourrait appeler la petite bourgeoisie pieuse ou la bourgeoisie commerçante. Aujourd’hui, une bonne partie des hommes d’affaires et des réseaux d’influence semblent être résignés à une victoire du parti islamiste lors des prochaines élections”, analyse le politologue Mohamed Tozy. Mais au fond, tous ces gens ont-ils véritablement le choix ? L’islamisme n’apparaît-il pas, en ce début de siècle, comme une fatalité politique, une lame de fond qui a déjà emporté deux de nos voisins, la Libye et la Tunisie ?

Normalité démocratique
La question fait sourire Mustapha Khalfi, jeune dirigeant de la formation islamiste et directeur de la publication du quotidien Attajdid. “En 2007, la victoire du Hamas en Palestine a été combattue par les plus grandes puissances mondiales, rappelle-t-il. Certains pays arabes ont suivi, barrant la route aux islamistes par tous les moyens. Aujourd’hui, les choses ont changé. Le Printemps arabe impose la volonté populaire à tout le monde et plus aucun pays ne peut se permettre de la contourner”. L’analyse est séduisante, elle reste pourtant relative.
“La victoire d’Ennahda en Tunisie ou celle, annoncée, des Frères musulmans en Egypte, ont été possibles à cause de l’absence d’un vrai contrepoids politique sur le terrain. Au Maroc, le puissant lobby des notables traverse tous les partis. Le pays dispose également de formations politiques structurées et légitimes qui n’existent pas ailleurs. Tous ces éléments nous imposent une certaine prudence dans l’analyse”, explique le sociologue Mohamed Layadi. Une prudence dont les frères de Abdelilah Benkirane semblent s’être définitivement affranchis. “En 2002 puis en 2007, nous avons fait le choix d’accompagner la transition en faisant passer l’intérêt national en premier. Nous avons donc accepté de limiter nos candidatures au niveau national. Aujourd’hui, il est temps de laisser faire la démocratie pour que chaque formation politique ait la représentation qu’elle mérite”, explique Saâd Eddine El Othmani, président du conseil national du PJD et ancien numéro 1 du parti. Selon plusieurs militants islamistes, ce changement de ton est le fait d’un homme : Abdelilah Benkirane. Depuis son élection à la tête du parti en 2008, l’ancien leader de la Chabiba Islamiya a affirmé vouloir “normaliser” les relations du PJD avec ses différents partenaires politiques. Depuis le référendum du 1er juillet, il ne cache plus son ambition de mener le prochain gouvernement. “Il s’est toujours présenté comme l’homme de la normalisation. Et pour lui, cela passe forcément par la participation au gouvernement. On ne peut pas demander aux gens de continuer à voter pour nous et rester éternellement dans l’opposition”, confie un proche collaborateur du leader islamiste.
Pour arriver à ses fins, Abdelilah Benkirane a mis au point une stratégie infaillible. Il a d’abord progressivement occupé la scène publique, multipliant les meetings et les sorties médiatiques. Il s’est ensuite frontalement attaqué au PAM, affaibli depuis le déclenchement du Mouvement du 20 février. Il en a fait sa nouvelle bête noire, transférant vers la formation politique de Fouad Ali El Himma toute la méfiance que suscitait le PJD auprès de larges franges de l’opinion publique marocaine.

Realpolitik
Parallèlement à cela, la formation islamiste a opéré un sérieux toilettage de son discours politique. Le parti déserte (officiellement du moins) peu à peu le terrain de la morale pour occuper celui de la “realpolitik” et de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes. “Des gens vous poseront encore et toujours les mêmes questions. Interdirez-vous les maillots de bain sur les plages ? Fermerez-vous les bars ? A tous ces gens, répondez que nous sommes candidats pour régler des problématiques beaucoup plus importantes comme le chômage, la santé, l’éducation et la justice”, expliquait récemment Benkirane aux têtes de liste de son parti, réunis à Rabat.
à l’approche des législatives, le PJD a également intensifié sa campagne de séduction. “Le parti semble anticiper sa victoire, analyse Mohamed Layadi. Comme Ennahda en Tunisie, le PJD cherche à rassurer ses partenaires politiques, les hommes d’affaires et les chancelleries étrangères en leur faisant passer un message essentiel : le PJD ne veut pas islamiser la société”. Et ça marche. “Si les élites des grandes villes semblent aujourd’hui accepter une victoire islamiste, c’est parce qu’elles se disent qu’au final, le coût ne serait pas exorbitant et que cela ne changerait pas grand-chose à leurs habitudes”, explique Mohamed Tozy.
Des messages rassurants, le PJD en a également envoyé au Palais. Abdelilah Benkirane a par exemple déjà affirmé qu’il ne voyait “aucun inconvénient à ce que le roi fasse appel à une personnalité autre que le secrétaire général pour former un gouvernement”. C’est également au nom de la défense de la monarchie et de la stabilité du pays que le leader islamiste s’était, au départ, opposé au Mouvement du 20 février, avant de prendre la vague contestataire. Mais tout cela a-t-il servi à quelque chose ? Mohammed VI, que des documents révélés par Wikileaks présentent comme un anti-islamiste, s’est-il, lui aussi, résigné à la victoire des frères ? “Si ces documents ont existé et que ces propos ont été effectivement tenus par le souverain, nous considérons que cela appartient désormais au passé”, répond Mustapha Khalfi, qui préfère “se concentrer sur l’avenir”. Car, au final, le parti devra transformer l’essai et convertir toutes ces “bonnes prédispositions théoriques” en nombre de voix et donc, de députés au sein du nouveau parlement. Ce qui n’est pas gagné d’avance.

Puissance numérique
Car sur le terrain, la bataille promet d’être rude. Un nouveau protagoniste s’est invité dans la course à la primature : le G8, regroupant huit partis politiques, dont le RNI, le PAM, le MP et l’UC. L’Alliance pour la démocratie représente en effet une force numérique incontestable qui fait déjà peur aux partis traditionnels. “Cette alliance, par la fatalité numérique qu’elle représente, confisque le droit des électeurs à élire librement un parti politique censé former le nouveau gouvernement”, explique Nizar Baraka, membre du comité exécutif de l’Istiqlal. Même son de cloche auprès du PJD, qui accuse le RNI, chef de file de cette Alliance, de “faire de la sous-traitance au profit du PAM afin de barrer la route aux islamistes”.
Autre grand changement qui risque d’avoir des conséquences sur le résultat final du PJD : le boycott d’Al Adl Wal Ihsane. Pendant les précédentes élections, la Jamaâ se disait simplement “non concernée par le processus électoral”. En l’absence de consignes de vote claires, certains de ses membres pouvaient donc voter en faveur du PJD, assez proche idéologiquement. Il faudra désormais “faire sans” le vendredi 25 novembre. Ce qui est loin d’entamer la détermination des frères. “Vous oubliez que nous partageons avec Al Adl Wal Ihsane, le 20 février et toutes les forces du changement le même constat alarmant concernant la situation actuelle du pays. Sauf que le PJD se positionne comme une alternative sérieuse pour remédier à cette situation”, tonne Mustapha Khalfi. Le jeune leader islamiste parie en effet sur “un vote sanction” contre les partis participant à l’actuel gouvernement. Plutôt “un vote par dépit”, rectifie Mohamed Layadi. “Le PJD dispose d’une force structurelle puisque son offre politique, teintée de morale religieuse, rejoint la demande populaire. C’est une offre lisible et compréhensible qui pourrait pousser beaucoup d’électeurs à voter PJD presque par défaut”. Une analyse que partage le politologue Mohamed Tozy. “Il existe aujourd’hui ce qu’on pourrait appeler un label PJD. Malgré sa gestion des affaires locales à travers des alliances souvent improbables, le parti a conservé un capital sympathie assez important. Ses cadres ont la réputation d’être honnêtes, proches des gens et disponibles”, explique-t-il. Comment le PJD réussit-il une telle prouesse ? “Il y a certainement une part de vérité dans cette image. Mais à côté, le parti sait répartir les rôles entre ses différentes figures, de manière à continuer à plaire à la base tout en s’ouvrant sur l’élite”, analyse Tozy.

Alternance islamiste
Reste une question : que se passera-t-il si le PJD se classe effectivement premier à l’issue des élections du 25 novembre ? “Le premier parti aura une avance relative, puisqu’il ne dépassera pas les 25 %. Il aura donc besoin de l’appui d’autres forces politiques pour gouverner. D’autant que, explique Mustapha Khalfi, la conjoncture actuelle impose à toutes les formations politiques de travailler ensemble pour voter les différentes lois organiques prévues par la nouvelle Constitution”. Cet appel du pied, à peine voilé, trouvera-t-il un écho chez les autres partis politiques ? Pour l’instant, seul l’Istiqlal semble être partant pour une alliance avec le PJD. “Les autres, à l’exception de quelques rares partis sérieux, attendront un feu vert du Palais pour former une majorité avec le PJD. Or, le Palais pourrait laisser faire le jeu démocratique. Aux acteurs politiques de faire leurs propres interprétations à ce moment là”, pronostique Mohamed Layadi. Soit, mais que se passera-t-il si l’attente se prolonge et que le chef de gouvernement désigné n’arrive pas à réunir sa majorité ? “Je rendrai les clés à Sa Majesté”, répond Abdelilah Benkirane. Un scénario qui condamnerait le PJD à rester dans les rangs de l’opposition et, peut-être, d’adopter une attitude plus agressive. “L’idéal serait que le PJD intègre un gouvernement mené par l’Istiqlal”, confie cet observateur. Cela permettrait à Mohammed VI d’avoir “une alternance” sur mesure et d’intégrer les islamistes (officiels) au pouvoir sans trop de dégâts.

 

Un, deux, trois. Les grandes inconnues du vote

Le taux de participation
C’est l’un des principaux enjeux des élections anticipées du 25 novembre. Un fort taux de participation ferait l’affaire des “faucons” du régime puisqu’il impliquerait une dilution des voix en faveur du PJD, en plus de constituer un sérieux revers pour les partis et organisations qui appellent au boycott des élections. A contrario, un fort taux d’abstention (en plus d’être récupéré par les boycotteurs) renforce les chances du PJD, qui dispose d’une assise électorale assez stable.

Les alliances
Le G8 tiendra-t-il longtemps en cas d’une victoire islamiste ? Plusieurs observateurs en doutent fortement. Certaines formations politiques qui constituent cette alliance ont pris l’habitude de jouer aux partis d’appoint. “Il y a fort à parier qu’elles répondront au premier signal leur demandant de renforcer la majorité islamiste”, commente cet observateur. Sinon, le PJD pourrait rencontrer beaucoup de difficultés pour rassembler une majorité.

Le choix du roi
En cas de victoire des islamistes, rien n’empêche le roi de faire appel à Saâd Eddine El Othmani, Mustapha Ramid ou Abdelaziz Rebbah pour former le prochain gouvernement, plutôt que de désigner le patron actuel du parti, Abdelilah Benkirane. Reste à savoir si le monarque empruntera cette voie et si les frères, enivrés par leur sacre électoral, accepteront une telle option.

 

Autrement dit…
Le Maroc sera islamiste bien que les Marocains ne soient pas islamistes. Ce n’est pas contradictoire. Le Maroc sera islamiste, donc, dans le sens où de plus en plus de Marocains ont fait, dans leur tête et dans leur cœur, le choix d’essayer la solution islamiste. C’est nouveau.
Ce n’est pas seulement une particularité marocaine puisqu’il faut l’intégrer dans le cadre plus global des changements dus au Printemps arabe. En se soulevant, les peuples arabes ont exigé et sont en train d’obtenir des alternatives aux dictatures qui leur ont été imposées depuis leur indépendance. Même si elle a été essayée, et plutôt maladroitement dans des pays comme l’Egypte ou le Soudan, voire l’Algérie, l’alternative socialiste a fait la preuve de son échec, se transformant en nouvelle dictature. Contrairement à l’alternative socialiste, la solution islamiste a l’avantage d’être vierge de toute “souillure” politique (en dehors du cas très particulier de l’Arabie Saoudite, les islamistes n’ont jamais pris les rênes d’aucun pays arabe) et de jouir du statut gagnant de “victime” (tous les régimes arabes, aujourd’hui pointés du doigt et dépréciés par les populations, ont combattu les islamistes). L’alternative islamiste bénéficie, en outre, d’un immense avantage culturel : elle est vécue comme un prolongement du bain naturel dans lequel auront grandi tous les peuples de la région. Autant le socialisme a été vécu comme une greffe et un effet direct de la post-colonisation, donc un traumatisme, autant l’islamisme est perçu comme un retour à la source avec la promesse sous-jacente de restaurer un mélange de grandeur et de fierté perdues…
Cette poussée islamiste s’explique d’abord par ce qu’on peut appeler la sociologie politique. Ce n’est pas tant la force des partis islamistes qui prime, mais l’envie des gens “normaux” d’essayer la solution islamiste.
Au Maroc, il faut retenir deux singularités. 1 : le premier “parti” islamiste, la Jamaâ d’Al Adl Wal Ihsane, ne prendra pas part aux élections puisqu’il n’est pas reconnu. 2 : l’enjeu principal de ces élections n’est pas de prendre le pouvoir mais d’y être associé, puisque l’essentiel du pouvoir reste concentré entre les mains du roi. Karim Boukhari

 


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